Généralités

Dans le monde grec et romain, chaque édifice théâtral se définit par la combinaison d'un bâtiment de scène, d'une orchestra accessible par des accès latéraux et d'un ensemble de gradins. Les espaces scéniques et les gradins sont à l'air libre dans un théâtre, alors qu'ils sont couverts dans un odéon.

Au livre V de son De architectura Vitruve a distingué deux types de théâtres : celui des Grecs (theatrum Graecorum) et le théâtre latin (theatrum Latinum). Sa classification a été très largement reprise par les chercheurs modernes qui ont aussi pris l'habitude d'employer pour désigner les composantes du premier des termes issus du grec ancien et pour celles du second des termes issus du latin. Ainsi, pour désigner l'ensemble des gradins et les accès à l'orchestra utilise-t-on koilon et parodos pour un théâtre grec et cavea et aditus pour un théâtre latin. Ces termes, et bien d'autres qui sont définis ci-dessous, relèvent d'une nomenclature moderne. Pour chaque composante du théâtre un seul mot a été retenu afin de réduire les inconvénients que font peser sur tout discours scientifique la synonymie et la polysémie inhérentes à chaque langue.

Autant que possible on a cherché au fur et à mesure que se développaient les études sur le théâtre antique à utiliser dans cette nomenclature les termes anciens les plus courants et les mieux adaptés à leur référent. L'aire plane qui s'étend entre la base des gradins et le front du bâ timent de scène que l'on a pris l'habitude d'appeler orchestra correspond ainsi exactement à ce que les Grecs appelaient ὀρχήστρα et les Latins orchestra. Pour certaines parties des théâtres, néanmoins, s'est imposé l'usage de termes qui, soit n'ont jamais été employés par les Anciens pour les désigner, soit sont depuis des siècles employé s à contre-sens. Ainsi, alors que les modernes utilisent communément koilon pour désigner les gradins d'un théâtre grec avec leur substruction et diazôma pour une circulation horizontale entre deux séries de gradins, les termes κοῖλον et διάζωμα ne sont pas attestés dans ces sens en grec ancien. La nomenclature que nous avons retenue pour notre travail entérine ces usages.

La plupart des chercheurs transcrivent les mots grecs en italique, utilisent aussi l'italique pour les mots latins et emploient pour tous ces mots leur pluriel grec ou latin. D'autres, sensibles au caractère moderne de cette nomenclature et au fait que le nombre de personnes qui s'intéressent au théâtre antique sans connaître le grec et le latin est considérable, emploient des transcriptions latines des mots grecs, des caractères romains droits pour les mots issus du grec et du latin, et ils leur donnent des pluriels qui suivent les règles des langues modernes. Les premiers écrivent des koila et des caveae et les seconds des koilons et des caveas. Nous avons choisi d'utiliser des caractères romains droits, avec les pluriels des langues anciennes, que nous indiquons (pl.) avec le genre du terme en français (masc. ou fém.) Les transcriptions des mots grecs sont accentuées.

 

Bibliographie sur le vocabulaire antique et la nomenclature moderne

Ginouvès René, 1998 : Dictionnaire méthodique de l'architecture grecque et romaine III. Espaces architecturaux, bâtiments et ensembles, École Française d'Athènes, École Française de Rome, Rome, p. 130-144.

Moretti Jean-Charles, Mauduit Christine, 2015 : «The Greek Vocabulary of Theatrical Architecture», in Rune Frederiksen, Elisabeth R. Gebhard, Alexander Sokolicek (éd.), The Architecture of the Ancient Greek Theater, Acts of an International Conference at the Danish Institute at Athens 27-30 January 2012, Monographs of the Danish Institute at Athens 17, Aarhus, p. 119-129.

Sear Frank, 2006 : Roman Theatres: an architectural study, Oxford monographs on classical archaeology, Oxford University Press, Oxford - New York, p. 1-10.